Le panarchisme est la libre concurrence entre autant de gouvernements (ou absence de) possibles à l’intérieur d’un même pays: chaque citoyen choisit à quel gouvernement il est affilié (ou pas), et le droit international régit les relations entre ces différents gouvernements.
Les USA, historiquement, sont un ensemble d’une cinquantaine d’états assez différents, mais unis par une Constitution de tendance minarchiste, qui définit des limites très strictes (bon, peut-être plus autant ces dernières décennies) à ce qui peut être imposé à tous ces états à la fois. Comme la circulation des citoyens entre chaque état est libre, il y a une forme de compétition entre ces états, qui a mené à des solutions différentes aux même problèmes (par exemple, celui de l’éducation des enfants). La Constitution remplace, dans le modèle panarchique, le droit international, et le gouvernement fédéral vient chapeauter le tout: c’est à mon sens la plus importante différence entre les deux.
On constate que depuis le New Deal et la FED (d’aucuns diront depuis la révolte du Whiskey) ce gouvernement fédéral impose et gère de plus en plus de choses à tous les états, au point de constituer un vrai gouvernement à part entière: dans la pratique, le minarchisme de départ, même soigneusement verrouillé par Thomas Jefferson, a échoué; et le Léviathan est devenu gigantesque.
L’autre différence est qu’il n’est pas permis aux citoyens de choisir aucun gouvernement, ni d’en fonder de nouveaux pour concurrencer ceux qui existent. Par exemple, l’initiative du Free State Project, est obligé pour réussir de conquérir un état existant. C’est à mon avis cette différence-ci qui a permis les dérives inhérentes à la première différence ci-dessus. Un choix forcé n’est jamais libre, et par cette non-liberté s’engouffre tout le reste: quand on met un doigt dans l’engrenage de l’oppression…
En conlusion, les USA fournissent un avertissement quant aux erreurs à ne pas faire pour établir une société panarchique.