Merci pour ce moment !

Adaptation libre du dernier livre de Valérie Trierweiler. Les passages en italiques sont authentiques et issus des alentours de la quinzième page…

 

Il est assis, mal à l’aise, un petit papier à la main. Il me lit le communiqué de rupture qu’il a prévu de livrer à l’AFP, dix-huit mots froids et orgueilleux, chacun est comme un coup de poignard. Je m’effondre devant la dureté de sa phrase, cette manière méprisante de « faire savoir » qu’il « met fin à la vie commune qu’il partageait avec Valérie Trierweiler »…
Je me lève et pars en hurlant :
– Vas-y, balance-le ton communiqué si c’est ça que tu veux. Il tente de me rattraper, de me prendre dans ses bras. 
– On ne peut pas se quitter comme ça. Embrasse-moi.  

 

Il force mes lèvres avec sa langue et nous échangeons un long baiser. Au début réticente, je lui rends ce baiser avec passion en souvenir de tous les bons moments passés avec lui. Notre histoire vaut bien un dernier baiser d’adieu ! Je ferme les yeux et le revois passer les troupes en revue la cravate de travers et les cheveux mouillés par la pluie et je vibre toujours autant. Dans ces moments là je ne pouvais m’empêcher de le dévorer des yeux comme une spectatrice regarderait George Clooney venter les bienfaits de Nespresso à la télévision. Je sens que le désir monte en moi, irrépressible, malgré le mal qu’il vient de me faire. C’est plus fort que moi, je suis droguée de lui.

 

Il sent que je suis à lui, que je ne peux pas partir, et il en profite. Ses mains courent le long de ma jupe qu’il relève jusqu’en haut de mes hanches, puis il arrache ma culotte avec une fougue que je lui connaissais plus. Je me laisse faire comme une poupée de chiffons, anesthésiée par les somnifères que j’ai pris pour atténuer l’enfer médiatique que je traverse. Il me traine vers le fauteuil louis XV de l’appartement privé et me penche dessus, tenant ma tête enfouie dans le coussin en soie sauvage. Il a déjà baissé son pantalon et je sens son andouille de viande* s’enfoncer en moi. A chacun de ses assauts son ventre pendant s’écrase contre ma croupe dans un bruit mouillé : il a repris du ventre depuis qu’il porte sur ses épaules le poids des responsabilités.

 

Je commence à espérer qu’il a renoncé à me quitter, il me propose même que nous passions une dernière nuit ensemble… je me retourne pour voir s’il est sincère avant de réaliser qu’il a dit « une dernière nuit ». Il est concentré, ses yeux sont fermés, il ne s’est pas encore aperçu qu’il n’est plus en moi, que je me suis retournée, et m’éjacule sur le visage sans prévenir, avec un petit râle suivit d’un "Julie" rauque.

 

Je me dégage avec force et rajuste ma jupe à la hâte. Je pars sans me retourner, le visage inondé de larmes et de sperme. Pourquoi tant d’inhumanité ? De violence ? Il a désormais les plus hautes responsabilités. S’il ne peut y avoir d’art, qu’il y ait au moins la manière.
Je dois rejoindre mes officiers de sécurité qui m’attendent à la voiture. Je pleure, comme rarement j’ai pleuré. J’essaie de me cacher derrière un arbre pour qu’ils ne me voient pas dans cet état. L’un des maîtres d’hôtel me glisse un paquet de mouchoirs. Mais c’est moi, le kleenex qui vient d’être jeté à l’instant.
 

*L’andouille de viande est une spécialité de Tulle

 

Retrouvez cette histoire et d’autres sur le site de l’auteur.

Lu pour vous: Merci pour ce moment

"Merci Pour ce Moment" est loin d’être la phrase à laquelle on pense en refermant le livre de Valérie Trierweiler. Sur la forme le livre est mal écrit, le rythme est haché, la formulation boiteuse, ça ressemble un peu à une espèce de sous-Duras mais sans les scènes érotiques. Deux petites citations suffiront à vous en donner une idée :

L’un des maîtres d’hôtel me glisse un paquet de mouchoirs. Mais c’est moi, le kleenex qui vient d’être jeté à l’instant.

J’aurais pu récupérer « l’aile Madame ». Au lieu de ça, j’en ai désormais deux : deux ailes pour reprendre mon envol.

Le fond est encore plus pénible que la forme : il est de notoriété publique que Valérie est une femme trompée, humiliée et profondément blessée : comment donc savoir quelle est la part de vérité dans le portait qu’elle dresse de François Hollande, son "bourreau" ? Il est impossible pour le lecteur de se plonger complètement dans le récit sans se poser la question de la véracité de ses dires, et on en apprend finalement plus sur elle que sur le Président.

Valérie s’y décrit avec force exemples comme une altruiste qui aide les pauvres, les handicapés, les femmes incarcérées, etc.  C’est bien simple : pas une occasion dans son récit n’est perdue pour citer toutes les bonnes causes auxquelles elle a associé son nom et auxquelles elle continue de participer maintenant qu’elle a été chassée de l’Elysée, toutes ses associations n’ayant pas oublié le travail formidaaable qu’elle a fourni pour les aider durant ces vingts mois en tant que première dam dame, allant jusqu’à raconter comment elle a sauvé une femme du suicide ! Difficile de ne pas la trouver tout aussi narcissique que le François qu’elle dépeint !

En vingt mois passés à l’Élysée, mon meilleur souvenir reste d’ailleurs ma sortie à Cabourg avec… cinq mille enfants du Secours populaire.

Être aux côtés de ces petits Français ne m’empêche pas de voir au-delà de nos frontières, là où le drame et la violence s’ajoutent à la misère. Peu m’importe la nationalité d’un enfant qui souffre.

En même temps qu’elle décrit ses bonnes oeuvres, elle souligne, surligne, met en relief et fait remarquer avec insistance à quel point elle est fragile : ses deux seuls échappatoires semblent être de s’enfermer dans la première salle de bain venue ou de se gaver de somnifères ou d’anxiolytiques, c’est une telle récurrence dans son livre que c’en est risible. Elle se défend d’avoir aucune influence sur le président car "François n’est pas influençable" mais se contredit seulement quelque pages plus loin en notant qu’un simple article de presse peut lui faire changer d’avis.

La gifle est brutale : dès septembre 2012, François décroche dans les sondages. Il y voit une relation de cause à effet. Passant d’un extrême à l’autre, il décide de ne plus prendre de vacances, ni de week-end. Il est depuis des années sous perfusion médiatique et se laisse influencer par ce qui est écrit, dit, commenté.

François refuse de contrarier la presse même quand elle transforme des ragots en pseudo-scoops. Il voit les informations comme un fleuve qui charrie tout, le vrai et le faux, et qu’il ne sert à rien de vouloir endiguer. Il préfère sentir les courants et jouer avec eux.

Pour parvenir à ses fins évidentes de vengeance, Valérie a donc opté pour la technique classique de la femme généreuse et altruiste qui a été abusée : elle si pure et si douce, petite colombe sans défense, a été malmenée à outrance par François et son entourage ainsi que par les médias. Si ce qu’elle y raconte est vrai, on se demande pourquoi elle est restée si longtemps avec cet homme glacial et méchant.

L’ambiance le soir à l’Élysée est orageuse. J’ai droit à une nouvelle salve ininterrompue de critiques blessantes, jusque dans notre lit. Je n’en peux plus. Jamais de compliments, pas un mot d’encouragement, uniquement des reproches cruels. (…) En mai 2013, je décide de le quitter. Il est trop dur, je n’en peux plus de sa méchanceté. Je rentre rue Cauchy et lui interdis d’y revenir. Pendant trois semaines, nous ne nous voyons pas. Je pars les week-ends aux quatre coins de la France avec des amis. Mais je finis par revenir. Je suis droguée de lui.

Une femme âgée l’aborde dans la rue pour lui dire :
– Ne vous mariez pas avec Valérie, nous, on ne l’aime pas.
Ce n’est pas très délicat, mais c’est sa liberté. Sa flèche n’est rien à côté de l’éclat de rire de François…. Mon Dieu, comme je lui en ai voulu à cet instant ! Incapable, par lâcheté, de répondre par une phrase de soutien, un mot gentil d’esquive comme il sait si bien le faire.

Je me souviens d’un soir, au sortir d’un repas de Noël passé chez ma mère, à Angers, avec tous mes frères et sœurs, les conjoints, neveux et nièces, vingt-cinq personnes en tout. François se tourne vers moi, avec un petit rire de mépris et me jette :
– Elle n’est quand même pas jojo, la famille Massonneau…
Cette phrase est une gifle. Des mois plus tard, elle me brûle encore. Comment François peut-il dire cela de ma propre famille ?

La réponse est peut être aussi simple que cela : c’est une femme amoureuse, faible, "droguée de lui", incapable de préférer sa famille dont elle se dit si fière à cet homme qui la méprise – elle et les siens – ouvertement, une femme qui répond aux très nombreux SMS de son ex six mois après la rupture au lieu de leur opposer un silence assourdissant, et qui s’en ouvre dans son livre dans ce qu’on perçoit comme une tentative d’atteindre sa rivale, Julie Gayet. Cette femme n’a pas tourné la page, contrairement à ce qu’elle avance.

Je m’émerveille à chaque fois de le voir passer les troupes en revue au son des hymnes nationaux. Il peut bien avoir la cravate de travers, ça m’est égal, je mesure à chaque fois le chemin parcouru. Je le dévore des yeux. Je le vois comme dans un film, telle une spectatrice.

Nous venons de passer le pont Alexandre-III, quand je reçois un message de mon bourreau. Il vient d’actionner la guillotine et m’envoie un mot d’amour : « Je te demande pardon parce que je t’aime toujours. »

Aujourd’hui, je ne reconnais plus ce compagnon cassant dans l’homme qui me refait la cour comme au premier jour. (…) Le Président affairé, débordé et indifférent s’est métamorphosé en un Président attentionné, qui trouve le temps de lire ce qui me concerne, de m’écrire des dizaines de textos, y compris quand il conduit des réunions à l’Élysée. Quel paradoxe ! Je lui résiste, je retrouve une valeur marchande pour l’homme dont la conquête est le moteur.

Chaque jour, François me supplie de le voir, de tout recommencer comme avant. Chaque jour, il m’envoie des messages me disant qu’il m’aime, il propose que nous nous affichions ensemble. Je refuse toutes ses suggestions.

Mes journées s’écoulent lentement, rythmées par les SMS du Président, que je ne peux m’empêcher de lire. Un, trois, cinq. Et je finis par craquer. Je réponds à son dernier message. Il réagit aussitôt.

Au final, ce livre n’est qu’une longue plainte narcissique. Et elle est restée accrochée au statut, aux honneurs et aux largesses de la République jusqu’au bout malgré le mépris de son compagnon. On a envie de dire : assume, chérie !

Hollande en prend tout autant pour son grade. Elle fait de lui le portrait quotidien d’un sociopathe narcissique ordinaire et d’un gamin jaloux et impulsif.

Une fois de retour à l’Élysée, je dois insister plus de dix minutes auprès de lui pour qu’il accepte de changer de costume avant le déjeuner. Dire qu’il est trempé est un euphémisme. Il regimbe. Lorsque je lui dis que ce serait quand même dommage qu’il commence son quinquennat malade, il accepte enfin ma suggestion.

Une autre fois, alors qu’il trouve ma robe trop sexy, il m’ordonne : « Va te rhabiller, va te changer. » Je consens seulement à mettre une étole sur mes épaules dévoilées.

Pourtant, dès que la presse m’affuble d’un nouvel amant, ses messages sont d’une rare violence… Lorsqu’il me découvre en photo aux côtés d’un autre homme, il ose m’envoyer ce message : « Tout est fini entre nous. »

La décision durable n’existe pas chez lui.

Cette frénésie absorbe François et le perd. Il ne sait pas résister à un micro qui se tend, une caméra qui se pointe sur lui, en attente d’une formule ou d’un bon mot. Miroir, mon beau miroir… Combien de fois l’ai-je vu massacrer « une séquence politique » réussie parce qu’il répondait ensuite à des questions hors sujet, hors contexte, mal filmé, dans un coin sombre, au milieu d’une forêt de micros. Je me rappelle un jour d’une scène désolante à Moscou. Son équipe lui explique qu’il ne doit faire aucune déclaration avant sa rencontre avec Poutine. Il répond : « Évidemment non », avant de se précipiter dix minutes plus tard vers les caméras !

Cet homme qui ne veut pas partager la lumière

En filigrane on comprend que celui-ci n’a guère d’autre passion que celle de se sentir supérieurement admiré et adulé.

Pires que les Vandales, voici leurs chefs: les Connards

Pendant que les Vandales maltraitent la population, ne croyez pas que leurs chefs chôment. Leurs chefs ? Oui: les Connards.

Comprenez bien la différence: un Vandale c’est un petit artisan, presque un ouvrier, de la botte à clous s’abattant sur votre tronche et de la main dans votre portefeuille. Il doit chaque jour travailler dur pour maintenir le statu quo qui lui permet de racketter impunément, exécuter des innocents en pleine rue, leur rouler dessus, etc.

Le Connard, lui, est bien au-delà, au-dessus de ces considérations. Il n’a pas besoin de faire ces efforts, car maintenant qu’il est parvenu là où il est, le système travaille pour lui. Les gens ordinaires n’existent même plus pour lui et ne méritent même plus son attention. Il n’a plus à faire semblant d’en avoir quelque chose à foutre. Il est aussi intouchable qu’un Vandale, avec en bonus la certitude que même s’il merde massivement et publiquement il restera un Connard généreusement payé et protégé, quitte à devoir se faire discret pendant qu’il pantoufle à prix d’or dans l’un des innombrables placards à Connards qu’ils ont su se ménager sur notre dos grâce à la menace d’envoyer les Vandales.

Les vandales éclatent des cyclistes

On peut écraser des cyclistes impunément sur la route, du moment qu’on a le bon képi. C’est officiel.

Le fascisme se porte mieux que jamais

Traduction de l’article original de Jeffrey Tucker.

Le terme de "fascisme" a besoin de faire son retour dans les usages, non pas comme un juron mais comme une description factuelle d’un ensemble d’idées. Cela parce que ces idées sont bien réelles, ont un passif lourd, et infusent un projet politique bien vivace dans le monde d’aujourd’hui.

Malheureusement, quand un mot devient suffisamment impopulaire, il se mue en simple épithète. Et perd de son sens dans le processus.

C’est ce qu’il se passe avec le mot "raciste", par exemple. De nos jours ce n’est guère qu’une insulte pour qualifier des gens. C’est facile d’oublier que le racisme est en fait une idéologie, un corpus d’idées fondées sur des certitudes spécifiques sur les gens, l’ordre social, l’organisation politique, et la façon dont tout cela devrait être géré pour atteindre certains buts sociaux précis. Le racisme en tant qu’idéologie a eu un rôle gigantesque dans le déroulement de l’histoire mondiale. Il a engendré des programmes publics d’eugénisme, des campagnes de stérilisation, des lois de discrimination, des guerres, et des tentatives de génocide.

Le fascisme est un autre exemple du genre. Quand avez-vous entendu ce terme utilisé pour quoi que ce soit d’autre que qualifier un ‘méchant’ ? Ce mot a été vidé de son sens, et c’est fort regrettable. Ce terme a été détourné comme simple insulte, sa signification réelle perdue.

Je ne connais de meilleure source pour en comprendre l’origine, les implications et le sens que le livre remarquable de John Thomas Flynn, écrit en 1944: As we go marching. Flynn fournit là un historique rigoureux de la naissance de l’idée fasciste en Italie, et cartographie ses ramifications principales.

Il se tourne ensuite vers la "forme maléfique" du fascisme émergeant en Allemagne. Il couvre sa réalisation en Espagne, en Grèce, au Portugal, en Roumanie, en Pologne, en Slovaquie, en Turquie, et en Amérique latine.

Puis il se penche sur la "forme bénéfique" du fascisme qui a inspiré le New Deal aux USA – et c’est parce qu’il l’a appelé ainsi que ce livre n’est plus guère lu aujourd’hui. Son analyse est riche de détails, et sa documentation des parallèles entre le fascisme européen et le fascisme américain sont renversants.

Nous n’utilisons plus le terme de ‘fascisme’ pour qualifier ce qu’il s’est passé aux USA pendant cette période, simplement parce que nous aimons nous féliciter d’avoir combattu et vaincu le fascisme lors de la seconde guerre mondiale. Mais l’avons-nous vraiment vaincu ? Les chefs de ces systèmes politiques sont morts depuis longtemps, mais les idées qui les ont portés et maintenus au pouvoir sont plus vivantes que jamais.

Le fascisme est une idée politique et économique qui est née dans les années 1920, en Italie, à la fois issue de et en réponse à l’idéologie socialiste. Il a été engendré par le socialisme car il s’opposait aux forces du marché et au laissez-faire en tant que modèle d’ordre social. Il concevait l’état comme seul gestionnaire compétent et unificateur ultime de la société.

Mais il rejetait aussi plusieurs idées clés des marxistes-léninistes, et c’est par opposition à ces derniers qu’il s’est imposé politiquement. De cette manière, c’est une théorie politique spécifiquement non-gauchiste, avec ses propres repères culturels, religieux et économiques. C’est pour cela qu’il est inexact d’appeler ‘fascisme’ la gauche ou la droite. Il tient des deux mais ne correspond vraiment ni à l’un ni à l’autre.

C’est pour cela que le fascisme – au contraire du socialisme – peut séduire la classe moyenne bourgeoise, et même les grands industriels, et pourquoi il parvient à se faire tolérer des religions et des unions syndicales. A la différence du socialisme marxiste, il préserve en grande partie les choses auxquelles tiennent la plupart des gens mais promet en sus d’améliorer la vie économique, culturelle et sociale à travers ses opérations unificatrices, sous contrôle de l’état.

En termes d’influence politique au XXème siècle, on peut dire qu’il a été bien plus important que le socialisme en Europe, en Amérique latine et aux USA. Le socialisme, malgré toute la réthorique enragée déployée en sa faveur ou défaveur, n’a probablement jamais été une véritable menace. Le fascisme, en revanche, a été la pire.

Vous pouvez le constater rien qu’en lisant les journaux des années 1930. Le marché libre y était largement déconsidéré et ringardisé en tant qu’idée périmée et faillie. Le socialisme, au moins dans la presse américaine, était vu comme l’ennemi de tout ce qui comptait pour nous.

Le fascisme, par contraste, recevait un traitement respectueux et un large écho. Le New York Times présentait Benito Mussolini comme le génie de la centralisation planificatrice. Churchill l’acclamait comme l’homme providentiel. Les théoriciens du fascisme écrivaient pour les manuels américains et bénéficiaient d’entrevues complaisantes dans les plus grands journaux. En 1941 encore, Harper’s Magazine louait la glorieuse "révolution financière allemande" et la magie du système fasciste.

Cette idée était dans l’air parce que le fascisme paraissait une alternative viable à la fois au marché libre, présumé en échec, et à l’idée effrayante et glauque du socialisme marxiste.

Quelle était cette idée ? Il est possible de la résumer sous la formule plus acceptable de "société planifiée". Elle est fondée sur le principe du leadership et la conviction que l’entreprise industrielle, pour fonctionner, doit être guidée depuis le sommet par des experts recherchant l’optimum de l’efficacité en concordance avec les priorités sociales et politiques.

Le fascisme ne cherchait pas tant à nationaliser l’industrie ou détruire le modèle familial ou abolir la religion, comme les socialistes les plus fous fantasmaient de faire. Il préservait ce qui avait de la valeur politique aux yeux de la population, et partant, le fascisme ne rompait pas avec les traditions. Il ne cherchait à révolutionner que la forme plutôt que le fond, à travers une nouvelle façon scientifique d’organiser toute l’existence de la nation.

Le conseiller économique en chef du président Franklin Delano Roosevelt, Rex Tugwell, a résumé cette philosophie toute entière, se faisant ainsi porte-parole de toute une génération d’économistes, de bureaucrates, de politiciens et de sociologues:

De ce que je sais de la nature humaine, je crois que le monde s’apprête à connaître un immense jaillissement d’énergie sitôt que nous aurons retiré la main-mise mortifère de l’entreprise compétitive qui restreint les ambitions publiques et ne dessert que les inclinations les moins efficientes et moins bénéfiques de l’homme. Quand l’industrie est le gouvernement et le gouvernement est l’industrie, le conflit duel au cœur de nos institutions est enfin aboli.

Flynn expliquait que le fascisme était loin d’avoir la clarté du socialisme dans son projet pour la société. Le pragmatisme y était élevé au rang de principe fondateur – l’état ferait tout ce qu’il aurait à faire, quoi qu’il arrive. Mais en observant son fonctionnement historique et le contexte dans lequel il prit son essor, en regard des principes des théoriciens et des militants fascistes, il était arrivé à huit points qu’il considérait comme ses pierres angulaires, une sorte de credo du fascisme.

D’après Flynn, le système fasciste est celui dans lequel:
1) le gouvernement abolit toute restriction à son autorité – totalitarisme
2) ce gouvernement sans restriction est dirigé par un dictateur – autoritarianisme
3) ce gouvernement est organisé pour assimiler le système de production capitaliste et l’asservir à une vaste bureaucratie
4) ce gouvernement suit le modèle d’organisation d’un syndicat, en formant des groupes d’intérêt par catégories socio-professionnelles sous supervision de l’état
5) le gouvernement et les organisations syndicales contrôlent le système capitaliste selon des principes de planification et d’autarcie
6) le gouvernement a la responsabilité de fournir à la nation un pouvoir d’achat adéquat par la dépense publique et la dette publique
7) le militarisme constitue un mécanisme conscient de telle dépense publique
8) l’impérialisme découle inévitablement du militarisme et d’autres éléments intrinsèques du fascisme

Flynn conclut: "Partout où se trouve une nation incluant tous ces éléments, se trouve une nation authentiquement fasciste. Plus une nation emploie de ces éléments, plus vous pouvez considérer cette nation comme tendant vers le fascisme."

C’est ce que Flynn écrivait en 1944, et le titre de son livre a un double sens. Nous marchions droit à la guerre contre le fascisme. Mais en même temps, l’économie et la société américaines tombaient sous contrôle total du gouvernement: contrôle des prix et des salaires, conscription, rationnement administratif, corporatisme, dépenses publiques perpétuelles et dette publique, additionnée de militarisation galopante en pleine guerre. L’ironie de la situation était prégnante, et Flynn la pointait du doigt ouvertement. C’est un miracle que le livre échappa à la censure de guerre.

Aujourd’hui il mérite une relecture attentive, en particulier si on cherche à étudier la politique de notre gouvernement. Chaque industrie est profondément réglementée. Chaque profession est catégorisée et organisée d’en haut. Chaque bien ou service produit est taxé. L’accumulation sans fin de la dette publique va de soit. "Immense" n’est pas assez fort pour décrire l’étendue de notre bureaucratie. Nous sommes en état perpétuel de mobilisation militaire, avec chaque jour la perspective de guerre ouverte contre un ennemi étranger.

Toutes les institutions de notre gouvernement proviennent d’une idée commune. Cette idée a un nom. Ce n’est pas le socialisme. Ce n’est pas le libéralisme. C’est la fameuse troisième voie qui a connu son heure de gloire dans les années 1930. Que soient rares ceux qui osent utiliser le terme exact pour le nommer, ne change rien à cette réalité.

Alzheimer: le diabète de type 3 ?

Souvenez-vous: c’était en 2006, Jacques Chirac était président, Dominique de Villepin son premier ministre déclarait la lutte contre la maladie d’Alheimer Grande cause nationale pour 2007. Avec 800 000 malades diagnostiqués et plus de 200 000 nouveaux cas par an rien que pour la France, nous faisions alors face à une épidémie glaçante d’une maladie horrible, détruisant à petit feu l’essence même de ceux qu’elle frappe, érodant inexorablement leur capacités cognitives jusqu’à les "effacer", détruisant leur mémoire et leur raison de manière bien plus insidieuse que le grand âge seul, parfois même avant 60 ans. C’est, virtuellement, toutes les familles du pays qui sont touchées aujourd’hui. L’impact de cette maladie est simplement massif. Et, plus grave encore, la mortalité dûe à cette maladie a augmenté pendant les dernières décennies pour toutes les tranches d’âge de malades.
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Mieux qu’un snickers !

Il roulait de nuit. Sa femme dormait sur le siège passager, et à l’arrière ses deux jeunes enfants faisaient de même. Il n’était pas fatigué et appréciait le calme qui régnait dans la voiture. Plus de « quand est-ce qu’on arrive ? » répétitif, plus de reproches de sa femme. Il était enfin seul maître à bord, tranquille. Mais la faim commençait à se faire sentir et la prochaine aire d’autoroute était annoncée dans quelques kilomètres. Il décida de s’y arrêter pour y acheter quelque chose à grignoter.

A peine était-il garé que sa femme ouvrit un oeil… « Pourquoi on est-arrêtés ? » dit-elle d’une voix fatiguée. « Il faut que je fasse une pause pipi, rendors-toi je n’en ai pas pour longtemps ». Le parking était désert, il sorti de sa voiture et se dirigea vers la petite boutique accolée à la station service. Il n’avouerait certainement pas à sa femme qu’il allait s’offrir un petit en-cas alors qu’elle lui reprochait régulièrement de ne pas faire attention à sa ligne. Une fois dans la boutique il choisit un snickers sur un rayonnage et se dirigea vers la caisse où une femme entre deux âges et un peu ronde l’accueillit avec un large sourire. « Bonsoir, c’est tout ce que vous prenez ? » Sans réfléchir, il lui répondit « Oui, je n’ai pas vu de meilleure vie dans votre magasin, alors je me contenterai du snickers ». Il l’avait dit sur le ton de la plaisanterie, mais elle le regarda droit dans les yeux très sérieusement : « Ce n’est pas dans mes attributions. Je ne peux que te donner du plaisir, pas revenir dans le temps ».

Cette réponse le cloua sur place et il ne pu rien répondre. Elle avait fait le tour du comptoir et l’avait pris par les épaules : « Je sais ce qu’il te manque, Alex, et ce n’est pas ce que tu crois ». Comment connaissait-elle son prénom ? Il essaya de se remémorer les deux dernières minutes, il ne l’avait pas mentionné et il avait plus une tête à s’appeler Stéphane, elle n’avait pas pu simplement deviner… » Elle avait maintenant sa bouche sur la sienne et elle l’embrassait tendrement. Son baiser était doux et aimant, il sentit son coeur fondre. Elle avait raison : elle savait ce dont il avait besoin, il s’abandonna dans ses bras et lui rendit son baiser passionnément. Il s’en arracha presque à regret pour lui demander comment elle connaissait son prénom. Elle sourit : « Il est sur mon ordre de mission, je suis Aphrodite ». En disant cela elle avait déboutonné sa chemisette et s’attaquait à son pantalon. Elle reprit son baiser et il s’abandonna dans ses bras à nouveau. Il avait tellement besoin d’amour et de caresses que finalement peu lui importait qui était cette inconnue. Elle lui offrait ce dont il avait besoin, ce que sa femme lui refusait par manque de temps et par habitude : de la tendresse et de l’amour.

Il tenta de lui rendre ce qu’elle lui donnait, lui caressa maladroitement les seins et se rendit compte que lui non plus n’était pas le plus attentionné des amants. Contrairement à sa femme, Aphrodite montra qu’elle appréciait ses efforts, ce qui l’encouragea à poursuivre. Il remonta sa jupe et caressa ses fesses charnues avec force tandis que leurs bouches restaient collées ensemble dans un baiser passionné. Il aimait sentir sa peau sous ses mains, il aimait ses rondeurs rassurantes. Il sentait une tension agréable dans son entrejambe et son coeur battait la chamade, elle était appuyée contre le comptoir, offerte. Il n’hésita pas, la pénétra entièrement et resta comme ça un moment, savourant la douceur de son intimité. Après quelques mouvements amples, il la sentit se contracter autour de lui en rythme saccadé et elle rompit le baiser pour reprendre sa respiration. « Je peux t’offrir plus », lui dit-elle en s’arrachant à lui. Elle se retourna et cambra les reins. Il n’en croyait pas ses yeux, sa femme lui avait toujours refusé ce fantasme et voilà qu’il lui était offert sur un plateau par une inconnue ! Excité comme jamais il ne l’avait été, il la posséda complètement sans attendre et  jouit en peu de temps.

Ils se rajustèrent. Il se sentait un peu honteux d’avoir cédé aussi facilement à la tentation alors que sa femme dormait dans la voiture à quelques mètres de là, mais en même temps il avait l’impression d’être enfin entier et vivant, d’avoir enfin l’espace d’un moment comblé son besoin d’affection. Aphrodite le sorti de ses pensées : « mission accomplie » dit-elle d’une voix douce avec un grand sourire, puis elle se volatilisa sous ses yeux ébahis. A l’arrière du magasin, la porte de service s’ouvrit et un jeune serveur en sorti « qu’est ce qu’il vous fallait ? » Alex répondit que non, il n’avait besoin de rien, bonne soirée, au revoir, et sorti sans son snickers. Quand il rejoignit sa voiture, sa femme et ses enfants dormaient à poings fermés.

Guerre contre le gras: le magazine Time rend les armes

Drôle de "une" pour le célèbre magazine Time cette semaine. Et d’autant plus drôle que cette "une" contraste étrangement avec celle qui garnissait le même magazine il y a trente ans:

Pendant des décennies nous avons diabolisé la graisse. Mais la science récente révèle que ce n’est pas la graisse qui a détérioré notre santé.

L’un des instruments les plus puissants de cette diabolisation était justement la presse généraliste, avec Time en première ligne. L’assaut quasi-permanent, dans les années 80, contre toute trace de gras dans nos aliments, la publicité vantant les mérites du "light" et de "l’allégé", et pour finir le tir de barrage des gouvernements sur les professionnels de la santé, ont réduit la part du gras dans l’alimentation du public. Et nous sommes globalement devenus plus gros et plus malades. Pendant ces trente ans séparant les deux couvertures de Time, plusieurs centaines de milliers de morts évitables ont été causées par des recommandations nutritionnelles erronnées. N’attendez ni excuses ni justification, ne faites pas attention au scandale de santé publique derrière le rideau, circulez il n’y a rien à voir, citoyen.

La graisse n’a jamais été l’ennemi, le cholestérol est un allié, effectivement. Mais contrairement à ce que dit Time cette semaine, ce n’est pas la science récente qui le dit, mais la science tout court, depuis toujours. C’est un peu facile de critiquer les scientifiques, pour les journalistes de Time. Car ce sont des scientifiques qui expliquent depuis des années que la graisse n’est pas coupable. C’est ce que disent des gens comme les docteurs Masterjohn, Eades, Jaminet, Dahlqvist, Eenfeldt, Attia, Oliver, Enig, et tous ceux qui les ont aidé à le faire savoir autour d’eux: Gary Taubes, Tom Naughton, Jimmy Moore, Petro Dobromylskyj et de manière générale tous les participants réguliers aux symposiums de l’Ancestral Health Foundation.

C’est intéressant aussi de voir que, pour une fois, les USA agissent en suiveurs de mode alimentaire, plutôt qu’en précurseurs: la Suède a changé ses recommandations nutritionnelles officielles vers un retour aux graisses saines, et la Norvège va probablement suivre rapidement.

Trente ans de perdus… Mieux vaut tard que jamais.

Lundi matin…

Il s’ennuyait. Terriblement.

Sous son bureau sa main caressait négligemment son sexe à travers son pantalon en tissu fin. C’était presque devenu une habitude, un rituel : tous les lundis matins à 10 heures tapantes elle entrait dans son bureau pour lui annoncer ses rendez-vous de la semaine et dès qu’elle franchissait la porte il commençait ses caresses discrètes.

Cette fois elle avait mis une jupe. Il l’avait remarqué tout de suite, et ça la rendait encore plus désirable. Etait-il possible que son désir soit réciproque ? Avait-elle choisi sa tenue sciemment pour le provoquer ? Ces questions se bousculaient dans sa tête, et il savait qu’il fallait agir. Surtout, ne pas rester passif comme les fois précédentes, profiter de cette ouverture imaginaire ou réelle, au risque de ne jamais conclure.

Il se leva et fit mine d’aller chercher un dossier derrière elle… "bon sang le rapport du service financier devait sûrement être là, non ? Mélanie, aidez-moi à le trouver, voulez-vous ? Je suis pourtant sûr de l’avoir vu il n’y a pas si longtemps ! C’est un dossier rouge, il ne doit pas être loin !" Elle s’était levée pour l’aider et comme il l’avait prévu se dirigeait vers son bureau ou le dossier était bien visible sous quelques feuilles volantes… Malgré ses quelques kilos en trop il était rapide et se colla promptement à elle si bien qu’elle ne pu se retourner pour lui donner. Elle était face à son bureau, il était collé à son dos, et ils ne bougeaient plus ni l’un ni l’autre.

Le nez dans son cou, le torse contre son dos, il entendait sa respiration presque haletante. Lentement il posa les mains sur ses hanches et remonta lentement vers ses seins. Elle recula contre lui, et sa respiration se fit plus rapide. C’était un encouragement, sans aucun doute. Elle l’aurait déjà giflé si elle n’avait pas été d’accord.

Il remonta sa jupe sur ses hanches d’un geste prompt et plaqua son torse contre le bureau. Elle était excitée sans l’ombre d’un doute, il le sentait sous ses doigts. Il défit sa braguette et libéra son pénis, puis écarta son string et la pénétra. Elle s’appuya à son pubis et commença à onduler en gémissant doucement. Ca l’excita énormément, et il accompagna son mouvement avec des plus en plus d’amplitude. Ils jouirent tous les deux en même temps et restèrent un moment dans cette position, reprenant leurs esprits. Puis il se rhabilla rapidement et sorti du bureau, la laissant se rajuster. « A la semaine prochaine ! » dit-il en souriant intérieurement : les lundis matin ne seraient plus ennuyeux dorénavant.

Piketty découvre la vie

Saviez-vous que les condensateurs chimiques, courants depuis quelques décennies dans la plupart des appareils électroniques, ont besoin de fonctionner de temps en temps sous peine de s’user prématurément ? C’est cette raison, doublée d’une curiosité morbide quant aux résultats de la grande séance de masturbation sociale (aussi dénommée érection élection) qui a eu lieu le week-end dernier dans presque toute l’Europe, qui m’ont poussé à allumer la télé.

D’ordinaire quand la télé fonctionne je regarde ailleurs et mon attention est accaparée par tout autre chose que les consternantes balivernes, les faits-divers suitants de biais de sélection et de confirmation, et autres réclames pornographiques qui y sont diffusés. J’ai pourtant appris au vol que nous aurions depuis peu, ici même en France, un prochain Prix Nobel d’Economie en la personne de Thomas Piketty. Potentiellement.

Car il paraîtrait que son dernier opus, "Le capital au XXIème siècle" se vend presque aussi bien qu’un roman de Dan Brown, y compris à l’étranger. Voilà qui promet d’être excitant, car si vous vous intéressez un peu au sujet vous avez du remarquer que les économistes français, d’ordinaire, comptent à peu près autant dans l’avancement de la science économique qu’Indila dans celui de la technique vocale – et encore, c’est méchant pour les chèvres.

Du coup, je m’enthousiasme. Thomas Piketty aurait mis au jour quelque chose de phénoménal, qui bouleverse les convictions des économistes du monde ent…

Ah non, pardon. Fausse alerte. Renseignement pris, voici précisément ce que Thomas Piketty a à nous apprendre dans son livre:

Le rendement moyen du capital est supérieur à la croissance moyenne du PIB, à peu près à proportion de la part de l’épargne dans l’économie.

Voilà. Cette phrase résume à elle seule la totalité des pages (environ 500 sur les 700) du livre de Piketty consacrées à détailler une foule de faits et de chiffres qui ont du prendre un temps fou à rassembler. Enfin il faut bien que les étudiants de l’EHESS servent à quelque chose.

Pour clarifier le sens de cette grande loi du capital exposée par Piketty à coup de faits, nous ne vivons pas dans un monde théorique et idéalisé dans lequel tout le monde épargne et réinvestit 100% de ses revenus – le seul monde où le rendement du capital serait exactement égal à la croissance du PIB, donc. Au lieu de ça, bênets que nous sommes, nous consommons une partie de ce que nous produisons – une fraction du total qui serait, toujours d’après la demi-tonne de faits rassemblés par Piketty, légèrement en hausse depuis un siècle ou deux. En bref, nous réinvestissons un peu moins et consommons un peu plus de ce que nous produisons depuis les dernières décennies. Je pourrais suggérer qu’il s’agit d’un effet du vieillissement de la population: arrive un moment où on a moins besoin de réinvestir et plus envie de profiter de ce qu’on a mis de côté. Voilà pour la Révélation Fracassante de Piketty.

Diantre. Heureusement qu’il était là pour nous le dire, et surtout pour l’étayer d’un kilo ou deux de papier noirci. Notez qu’il en a profité pour ajouter à son bouquin quelques dizaines de pages fumeuses dans lesquelles il s’offusque du fait que plus on a des revenus élevés, plus on peut en épargner beaucoup et donc, à terme, avoir encore plus de revenus. Potentiellement.

Ce qui est amusant, par contraste, dans le succès populaire de cette oeuvre et particulièrement auprès des plus gauchistes des lecteurs de Thomas, c’est que le corollaire le plus évident de la Grrrrande loi du capital mise en évidence ne soit nulle part évoqué. Je vais donc l’énoncer clairement ici: le capitalisme, ça fonctionne.

Addendum:
On m’a fait la remarque donc je précise ici: la tendance à la baisse de la part de revenu du capital dont je parle est une tendance légère et récente que j’ai vu sur les courbes établies à l’occasion de la revue généralisée, un peu partout, du livre de Piketty.

La "hausse massive" qui est pésentée dans le livre pour parler de la période 1940-90 n’en est pas une:

C’est simplement un retour à sa tendance naturelle, après la période de destruction massive de capital que constituent ces deux petits évènements anodins passés apparemment inaperçus dans l’interprétation théorique de cette courbe, mais si vous savez, allez: la Première et la Seconde Putain de Guerres Mondiales.

Réforme: un discret revirement d’opinion dans la fonction publique

Pour un grand nombre de libéraux, il est entendu que la fonction publique française est imposible à réformer en pratique, que seul un gouvernement d’une grande fermeté et ouvertement hostile au statut de fonctionnaire (ainsi qu’à tous les avantages catégoriels qui lui sont associés) serait éventuellement à même d’imposer, sans pouvoir éviter une confrontation directe, des réformes comparables à celles qui eurent lieu en Nouvelle-Zélande au siècle dernier. Heureusement, cette vision caricaturale des choses est de plus en plus éloignée de la réalité.

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Géométrie variable de l’express-ion

Plus le temps passe et plus l’odeur de fascisme qui émane de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une institution (pas seulement le gouvernement, mais aussi les syndicats, les corporations spécifiques – taxis, médecins, etc. – ou encore la presse) se fait de plus en plus intense, au point d’être aujourd’hui insoutenable.

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